LE REGARD AVEUGLE
Le regard aveugle, celui qui voit.
Le regard aveugle, celui qui nous laisse voir à travers d’autres sens. Ceux de la perception.
La beauté. Celle de la découverte, la beauté aveugle. Insomnie de tant de recoins.
La périphérie comme une attraction, parce qu’elle porte en elle la richesse de ce qui ne se trouve pas au centre.
Qu’est-ce qu’on voit dans la pénombre ? Dans le vertige de la disparition des références.
Les images, les objets n’existent que par le regard qu’on leur porte.
Évidemment qu’ils ont une vie propre, latente. Mais cette énergie se déploie à partir du moment où notre regard les effleure. Frôler du regard…
Ce sont nos yeux qui éclairent ce que l’on voit.
Je me promène sur un terrain vague, l’inconscient, le lieu de fortune qui nous est donné.
Une béquille qui nous aide à être présent ?
Des sculptures, des dessins du crépuscule.
La déliquescence de ce qui nous habite.
Ma mère disait que c’est un chant de la nature.
Que c’est bon d’écouter le son de la pluie sur le toit de mon atelier !
Juan Paparella
Né en 1965 à Buenos Aires, est un artiste plasticien pluridisciplinaire — photographe, dessinateur — dont l’œuvre explore la complexité humaine, la fragilité de la vie et l’instabilité du monde, à travers une démarche à la fois physique et sociologique.
Diplômé en 1989 de l’Académie des Beaux-Arts Prilidiano Pueyrredon à Buenos Aires, il approfondit sa formation en Europe auprès d’artistes comme Julian Schnabel et Horacio Coll, puis obtient un doctorat en sculpture à l’Université de Salamanque, en Espagne. Il s’installe à Steenkerque en 1991, où il vit et travaille. Il expose régulièrement sur le territoire belge et à l’étranger, notamment en Espagne et en en France.
Son travail, multiple et non immédiat, s’exprime à travers divers médiums : photographie, dessin, et matériaux recyclés transformés en sculptures. Ces œuvres invitent à la réflexion, interrogeant notre condition, notre avenir et cette insaisissabilité qui nous définit.